Agriculture et alimentation : Stop aux ventes sauvages de fruits et légumes

Nous assistons depuis plusieurs années à une prolifération des ventes sauvages de fruits et légumes dans nos villes. Derrière ce commerce, les questions foisonnent : quelle traçabilité pour ces produits? Quel respect des règles d’hygiène et de concurrence? Quid des conditions de travail des vendeurs ou encore de l’acquittement des différentes taxes? Les consommateurs restent sans réponse. Nos producteurs et nos commerçants traditionnels ne cessent de tirer la sonnette d’alarme. En vain!

Le 20 mars dernier, j’ai donc interrogé Stéphane Travert, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation sur ce phénomène et sur l’intention du Gouvernement de renforcer contrôles et sanctions en cas d’infraction avérée.

Un échange à retrouver en vidéo ci-dessous :

VENTE SAUVAGE DE FRUITS ET LEGUMES

Mardi dernier, j’ai interrogé le Gouvernement, par une question orale au Ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, sur la réponse qu’il comptait apporter à la multiplication des ventes sauvages de fruits et légumes.

Celles-ci se développent au mépris de la traçabilité des produits, des règles d’hygiène et de concurrence, des conditions de travail des vendeurs et de l’acquittement des différentes taxes.

J’ai fait par au Ministre du souhait de la filière « Fruits et légumes « » de voir se constituer un groupe de travail sur cette question.

Tribune : « Ouvrir la porte à la légalisation de l’euthanasie, n’est-ce pas encourager cette pratique? »

Dans une tribune au « Monde » (édition du 13 mars), nous sommes 85 parlementaires et soignants à nous opposer à la récente proposition de 156 députés de modifier la législation concernant la fin de vie. Nous dénonçons également les risques d’une « médecine eugénique ».

La tribune parue dans Le Monde (du 1er mars) signée par 156 députés, appelant à une modification de la loi en faveur de la légalisation de l’euthanasie, interpelle. Si, bien sûr, tout le monde est d’accord sur le droit de mourir dans la dignité et dans le moins de souffrance possible, la ligne de démarcation sur la nécessité de légiférer sur l’euthanasie et/ou le suicide assisté pose question.

Tout d’abord, alors que la loi Claeys-Leonetti est à peine mise en œuvre, mal connue et a fortiori non encore évaluée, cela soulève le problème de l’insuffisance des soins palliatifs, pour ne pas parler de grande misère.

C’est pourquoi, disons-le clairement, ouvrir la porte à la légalisation de l’euthanasie, n’est-ce pas un encouragement de cette pratique, dans une société de plus en plus déshumanisée, hygiéniste, qui rejette la mort, devenue indécente, tel un dernier tabou ? Il s’agirait donc de trouver une solution expéditive à une vie qui serait tout à coup devenue inutile. Quant au fait d’affirmer que c’est une liberté à conquérir, cela nous paraît exactement le contraire. Vouloir une loi, donc un cadre normatif, pour la fin de vie, c’est alimenter un « bio-pouvoir », une société de contrôle, que décrivait Michel Foucault dans les années 1970 et qui s’intéresse moins à la mort de l’individu qu’à la mortalité comme valeur statistique : « Le pouvoir laisse tomber la mort », énonçait déjà Michel Foucault en 1976.

Une mort aseptisée et cachée, presque honteuse

Quel sera l’accompagnement de ceux qui auront demandé et obtenu le droit à l’euthanasie ? Une chose est certaine, la rapidité de l’acte rendra les choses plus simples pour le personnel soignant qui s’efforce, malgré la fatigue, de prendre en charge tous les malades. Et une fois les malades en fin de vie disparus, que dire et que faire des malades incurables – nous pensons en particulier aux maladies neurodégénératives et aux patients lourdement handicapés ne pouvant exprimer leur volonté ?

Attention à ne pas évoluer vers une médecine eugénique : faut-il une uniformisation de la bonne façon de mourir (euthanasie), une mort aseptisée et cachée, presque honteuse, selon le concept de « pornography of death » du sociologue anglais Geoffrey Gorer ?

La prise en charge des patients en fin de vie nécessite de l’humanité, de la compassion et, surtout, beaucoup, beaucoup de temps.

La loi Claeys-Leonetti, qui va trop loin pour certains, pas assez pour d’autres, a été votée à la quasi unanimité et a l’avantage d’ouvrir à l’apaisement de la fin de vie par la sédation, de tenir compte des volontés par les directives anticipées et de s’appuyer sur la collégialité. Ce n’est pas une loi pour ceux qui veulent mourir, mais pour ceux qui vont mourir et, comme le disait Jean Leonetti, « dormir pour ne pas souffrir avant que de mourir ».

Après l’hygiénisme d’une vie politiquement correcte, celui d’une mort propre et expéditive au prétexte de plus d’égalité devant la mort, c’est enlever de la liberté. A défaut d’avoir choisi sa vie, laissons à celui qui voudrait choisir le moment de sa mort, la liberté de le faire en dehors de tout cadre normatif.

Au moment où il est question de bioéthique, attention de ne pas tomber sous le joug d’une « gouvernementalité algorithmique » pour reprendre l’expression de la chercheuse Antoinette Rouvroy, qui n’est rien d’autre qu’une approche modernisée du « bio-pouvoir » de Foucault, où ces usages algorithmiques deviendraient « le miroir des normativités les plus immanentes ».

Signataires :
Michel AMIEL, sénateur LREM des Bouches-du-Rhône, co-rapporteur de la loi du 2 février 2016 créant de nouveaux droits en faveur des malades et des personnes en fin de vie
Philippe BAS, sénateur LR de la Manche, président de la commission des lois
Anne BLANC, députée LREM de l’Aveyron
Agnès CANAYER, sénatrice LR de la Seine-Maritime
Gérard DÉRIOT, sénateur ratt. LR de l’Allier, co-rapporteur de la loi du 2 février 2016 créant de nouveaux droits en faveur des malades et des personnes en fin de vie
André GATTOLIN, sénateur LREM des Hauts-de-Seine
Éric JEANSANNETAS, sénateur socialiste de la Creuse
Alain MILON, sénateur LR du Vaucluse, président de la commission des affaires sociales
François PILLET, sénateur ratt. LR du Cher
Bruno RETAILLEAU, sénateur LR de la Vendée, président du groupe LR

Philippe ADNOT, sénateur NI de l’Aube
Serge BABARY, sénateur LR d’Indre-et-Loire
Jérôme BASCHER, sénateur LR de l’Oise
Nathalie BASSIRE, députée app. LR de La Réunion
Arnaud de BELENET, sénateur LREM de la Seine-et-Marne
Anne-Marie BERTRAND, sénatrice LR des Bouches-du-Rhône
Barbara BESSOT BALLOT, députée LREM de la Haute-Saône
Bernard BONNE, sénateur LR de la Loire
Gilbert BOUCHET, sénateur LR de la Drôme
Guy BRICOUT, député UDI, Agir et Indépendants du Nord
Max BRISSON, sénateur LR des Pyrénées-Atlantiques
Hélène BROCQ, psychologue clinicienne au CHU de Nice
François-Noël BUFFET, sénateur LR du Rhône
Jean-François CESARINI, député LREM du Vaucluse
Anne CHAIN-LARCHÉ, sénatrice LR de la Seine-et-Marne
Pierre CHARON, sénateur LR de Paris
Daniel CHASSEING, sénateur RTLI de la Corrèze
Marie-Christine CHAUVIN, sénatrice LR du Jura
Guillaume CHEVROLLIER, sénateur LR de la Mayenne
Josiane CORNELOUP, députée LR de Saône-et-Loire
Gérard CORNU, sénateur LR d’Eure-et-Loire
Charles de COURSON, député UDI, Agir et Indépendants de la Marne
Pierre CUYPERS, sénateur LR de la Seine-et-Marne
René DANESI, sénateur LR du Haut-Rhin
Alain DAVID, député Nouvelle Gauche de la Gironde
Jean-Pierre DECOOL, sénateur RTLI du Nord
Nathalie DELATTRE, sénatrice RDSE de la Gironde
Annie DELMONT-KOROPOULIS, sénatrice LR de la Seine-Saint-Denis
Catherine DEROCHE, sénatrice LR du Maine-et-Loire
Chantal DESEYNE, sénatrice LR d’Eure-et-Loir
Nicole DUBRÉ-CHIRAT, députée LREM du Maine-et-Loire
Nicole DURANTON, sénatrice LR de l’Eure
Nadia ESSAYAN, députée MoDem du Cher
Dominique ESTROSI-SASSONE, sénatrice LR des Alpes-Maritimes

Michel FORISSIER, sénateur LR du Rhône
Christophe-André FRASSA, sénateur LR représentant les Français établis hors de France
Frédérique GERBAUD, sénatrice LR de l’Indre
Bruno GILLES, sénateur LR des Bouches-du-Rhône
Séverine GIPSON, députée LREM de l’Eure
Pascale GRUNY, sénatrice LR de l’Aisne
Jean-Noël GUÉRINI, sénateur RDSE des Bouches-du-Rhône
Claude HAUT, sénateur LREM du Vaucluse
Christine HENNION, députée LREM des Hauts-de-Seine
Alain HOUPERT, sénateur LR de la Côte d’Or
Jean-François HUSSON, sénateur LR de la Meurthe-et-Moselle
Sophie JOISSAINS, sénatrice UC des Bouches-du-Rhône
Muriel JOURDA, sénatrice LR du Morbihan
Jérôme LAMBERT, député Nouvelle Gauche de la Charente
Elisabeth LAMURE, sénatrice LR du Rhône
Jean-Marc LA PIANA, médecin généraliste et directeur du centre de soins palliatifs « La Maison », à Gardanne
Florence LASSARADE, sénatrice LR de la Gironde
Dominique de LEGGE, sénateur LR d’Ille-et-Vilaine
Jean-Pierre LELEUX, sénateur LR des Alpes-Maritimes
Martin LÉVRIER, sénateur LREM des Yvelines
Brigitte LHERBIER, sénatrice LR du Nord
Viviane MALET, sénatrice LR de La Réunion
Christian MANABLE, sénateur socialiste de la Somme
Max MATHIASIN, député app. MoDem de la Guadeloupe
Sereine MAUBORGNE, députée LREM du Var
Jean-François MAYET, sénateur LR de l’Indre
Emmanuelle MÉNARD, députée NI de l’Hérault 
Marie MERCIER, sénatrice LR de Saône-et-Loire
Sébastien MEURANT, sénateur LR du Val d’Oise
Brigitte MICOULEAU, sénatrice LR de la Haute-Garonne
Patricia MORHET-RICHAUD, sénatrice LR des Hautes-Alpes
Jean-Marie MORISSET, sénateur LR des Deux-Sèvres
Philippe MOUILLER, sénateur LR des Deux-Sèvres
Louis-Jean de NICOLAŸ, sénateur LR de la Sarthe
Bertrand PANCHER, député UDI, Agir et Indépendants de la Meuse
Jackie PIERRE, sénateur LR des Vosges Dominique POTIER, député Nouvelle Gauche de la Meurthe-et-Moselle

Didier QUENTIN, député LR de la Charente-Maratime
Jean-François RAPIN, sénateur LR du Pas-de-Calais
René-Paul SAVARY, sénateur LR de la Marne
Agnès THILL, députée LREM de l’Oise
Claudine THOMAS, sénatrice LR de la Seine-et-Marne
Philippe VIGIER, député UDI, Agir et Indépendants de l’Eure-et-Loir